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La tortue marine en Méditerranée

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Bilan des actions 2014
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Bilan des tortues échouées en 2015
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La Méditerranée est une mer riche, foisonnante qui abrite une grande diversité de vies animales et végétales. L'été, les baleines viennent se repaître des tonnes de plancton concentrées dans ses eaux. Les dauphins chassent les poissons eux-mêmes à l'affût des micro-organismes. Cette faune ne serait pas complète si on laissait dans l'ombre les reptiles marins : les tortues ont aussi leur niche écologique en Méditerranée.

Celle que l'on rencontre le plus fréquemment est la majestueuse tortue Caouanne, (Caretta caretta). Plus rarement est rencontrée la tortue verte, (Chelonia mydas), occasionnellement la tortue Luth (Dermochelys coriacea) et exceptionnellement la tortue de Kemp (Lepidochelys kempii), et la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata).

Cette grande voyageuse qu'est Caretta caretta est présente dans tous les océans. En Méditerranée, elle se reproduit sur les côtes orientales (Turquie, Israël, Sicile, Sardaigne, Italie et Lybie) et sur une zone côtière d'Afrique du Nord (Tunisie). La large tête de la tortue Caouanne n'est pas l'enveloppe d'un cerveau exceptionnel, mais plutôt celle de mâchoires très puissantes. Ces véritables broyeurs au bord tranchant sont nécessaires pour satisfaire son appétit vorace et carnivore. Son régime alimentaire diversifié comprend des crustacés et des poissons, mais elle est aussi friande de méduses et d'encornets.

Comme toutes les tortues marines, elle passe img 3_1_1_5toute sa vie dans l'eau, excepté au moment de la reproduction. Pour pondre, elle se hisse péniblement sur les plages de sable à la tombée de la nuit et creuse le trou qui abritera ses oeufs jusqu'à l'éclosion. Après la ponte, la femelle retourne à la mer et n'aura plus aucun contact avec sa progéniture.

 

 

 

Les dangers qui la menacent

martin wilkinson - fotolia.com

 

La vie d'une tortue marine n'est pas de tout repos. Outre les ennemis naturels auxquels elle doit faire face dès sa venue au monde, sa confrontation avec l'homme n'est pas à son avantage. Sur 1000 oeufs qu'une tortue Caouanne pond dans l'année, seulement 1 petit atteindra l'âge adulte sans encombre. Les oiseaux marins et autres animaux des côtes prélèvent les 9/10èmes des nouveau-nés au moment fatidique où ils doivent rejoindre la mer.


Les menaces

Elle doit aussi compter avec d'autres dangers.

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  • Certaines populations ramassent les oeufs pour s'en nourrir, et à d'autres endroits, l'arrivée en masse des touristes sur les plages a raison du moment délicat de la ponte. Les tortues, dérangées par le bruit, la lumière et la présence humaine, abandonnent ces sites mouvementés.
  • La pollution en mer a aussi un impact méconnu sur les tortues. Un sac plastique à la dérive sur la surface de l'eau semble inoffensif. Mais pour une tortue affamée, c'est la forme caractéristique d'une belle méduse. Elle va donc gober cette proie synthétique qui va rapidement "colmater" son estomac et la conduire à la mort.
  • Enfin, les filets dérivants sont des obstacles infranchissables pour les tortues. Ils font une dizaine de mètres de haut et parfois plusieurs kilomètres de long. Cette pêche industrielle vise les thons et les espadons, mais les captures accidentelles des autres grands animaux marins sont légion : les cétacés et les tortues de mer en sont largement victimes.

35 000 tortues sont capturées chaque année en Méditerranée.


La préservation

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La réglementation 

La Convention de Washington impose la protection de toutes les tortues marines, mais les programmes efficaces de préservation dépendent du bon vouloir de chaque pays dont elles peuplent les côtes. Les décrets européens mais aussi les décrets nationaux sont des outils nécessaires et plus précis pour renforcer les grandes lignes de la préservation définie par les instances internationales. 9 traités signés par les conventions internationales concernent la préservation des tortues.

Quelques conventions participant à la conservation des tortues : l'UICN (Union Mondiale pour la Nature), la CITES ou Convention de Washington (sur le Commerce International des espèces menacées), la Convention de Berne (pour la Conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe) et la Concention de Bonn (pour la Conservation des espèces migratrices).En France, la législation respecte la protection des tortues marines en interdisant la destruction des oeufs et des nids, la capture, la vente, le transport et la destruction des tortues. Mais aucun programme de repeuplement n'existe concrètement.

evgeny savin - fotolia.com

 La protection des zones de ponte

Les plages de ponte doivent être protégées de toute intervention humaine pour favoriser ce stade délicat de la reproduction.

La création de réserves naturelles 

Dans certaines zones maritimes, la pêche est limitée voire interdite selon la saison, afin de favoriser les aires de reproduction, les zones d'hivernage ou les aires d'alimentation.

L'adaptation des méthodes de pêche 

Les pêcheurs appliquent des dispositifs techniques pour limiter les prises accidentelles. Ils utilisent des TED (Dispositif d'Exclusion des Tortues), sortes de grilles permettant aux tortues prises dans les filets de s'échapper. La limitation de la durée de chalutage à 60 minutes permet aussi de sauver les animaux de la noyade.

La recherche scientifique et les centres de soins 

Depuis 2007, le RTMMF (Réseau Tortues marines Méditerranée Française) fait partie du « Groupe Tortues Marines France » (GTMF) géré par le Service du Patrimoine naturel du Museum national d’Histoire Naturelle de Paris pour le compte de la Direction de l’Eau et de la Biodiversité. Sa mission est de rassembler les informations concernant les tortues marines sur les côtes françaises de la Méditerranée et d’assurer l’exploitation scientifique des animaux qui y parviennent.

Les interventions du RTMMF sont prolongées par celles du Centre de sauvegarde agréé du Grau du Roi (Gard) qui accueille les tortues marines vivantes nécessitant des soins et les relâche en milieu naturel lorsque leur état de santé le permet.

Certaines des tortues relâchées sont munies d’une balise Argos afin de suivre leurs déplacements. On peut suivre leur migration sur le site www.cestmed.org.


La Fondation Marineland et les tortues de Méditerranée

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La Fondation Marineland participe au RTMMF en intervenant dans les deux départements du littoral les plus proches de son siège : les Alpes-maritimes et le Var. Ses actions basées sur la sensibilisation des usagers de la mer ont 2 objectifs : recenser les différentes espèces qui évoluent le long des côtes méditerranéennes, et inciter les gens à contacter la Fondation lorsqu'ils rencontrent une tortue en difficulté. Dès la réception d'un appel, un des trois spécialistes habilités à intervenir auprès des tortues échouées (détenteurs de la Carte verte) se rend immédiatement sur place afin de prendre en charge l'animal.img 3_1_1_9

 

Si nécessaire, la tortue est ramenée à la Fondation (dans le parc Marineland) où elle est traitée par l'équipe vétérinaire sur place. Quand la tortue est hors de danger, elle est relâchée en mer au même endroit où elle a été interceptée.

 

La sensibilisation des usagers de la mer :

L’équipe de bénévoles de la Fondation se rend dans tous les ports de la côte afin d’aller à la rencontre des capitaineries, clubs nautiques, clubs de plongée, bateaux écoles, garde-côtes, etc. Des affiches d’information sont distribuées et les contacts de la Fondation sont diffusés (téléphone, site internet) pour faciliter les échanges. Des réunions plus poussées sont aussi organisées avec des réseaux professionnels comme les bases des pompiers ou les prud’homies de pêches.


Le bilan des actions 2014

La campagne de Science participative, aussi appelée ObsTortueMed, prend un essor de plus en plus important chaque année, grâce à la contribution des plaisanciers, plongeurs, pêcheurs, whale-watching etc des Alpes-Maritimes et du Var.

La Fondation Marineland, organisatrice de ce concept, a aussi multiplié les opérations de sensibilisation, et a mis en place cette année une campagne aérienne, pour renforcer les moyens d'observations des tortues en mer.

Tortue Caouanne, Caretta carettaTortue Caouanne, Caretta caretta

Grâce à tous ces efforts, le nombre d'observations augmente chaque année. Les résultats ont ainsi pu être présentés par Sidonie Catteau, chef de mission Tortue de la Fondation, lors de l'Assemblée Générale du RTMMF (Réseau des Tortues Marines de Méditerranée Française), le 22 Novembre 2014.

La participation de tous les navigants du littoral

Au Printemps, 78 centres divers (clubs nautiques, écoles de voiles, clubs de plongée, capitaineries, prud’homie de pêcheurs, pêcheurs sportifs,  whale-watching etc.) ont été visités dans les ports du Var, et 84 dans les Alpes-Maritimes, afin de distribuer des affiches, des auto-collants et des brochures d'observation auprès des futurs observateurs.

Cadavre d'une tortue marine Cadavre d'une tortue marine

En retour, les gens qui étaient sur l'eau ont retourné leurs observations de tortues à la Fondation, dont 2 échouages (tortues décédées).

Le pic des observations est concentré en Juillet et Août, car cette période correspond à la plus grande fréquence de sorties des bateaux, et des usagers de la mer en général. Plus il y a d'observateurs sur l'eau, et plus ils sont susceptibles de signaler la présence des tortues. Pour autant, on peut s'interroger sur la concentration des tortues marines sur nos côtes à d'autres périodes de l'année.

Tortue Luth, Dermochelys coriaceaTortue Luth, Dermochelys coriacea

L'écrasante majorité des observations concerne la tortue Caouanne, réputée pour être la tortue la plus commune en Méditerranée. Cependant, 3 tortues Luth et 2 "possibles" tortues vertes ont été rapportées, ce qui est beaucoup plus exceptionnel.  Pour avoir une certitude sur l'identification de l'espèce, il est d'ailleurs recommandé de prendre des photos des animaux rencontrés.

Habituellement, les scientifiques s'accordent à dire que la taille des tortues qui fréquentent nos courants est comprise entre 30 et 50cm (il s'agit de  juvéniles ou sub adultes : animaux âgés de 3 à 10 ans), mais on note cette année le nombre important de spécimens de 40 à 80cm (selon l'évaluation des observateurs).

Portrait de la tortue Caouanne de Méditerranée

Notre région (Alpes-Maritimes et Var) n'est pas une zone de reproduction pour la tortue marine, elle s'approche de nos côtes principalement pour s'alimenter.

Tortue Caouanne, Caretta carettaTortue Caouanne, Caretta caretta

La moitié des tortues méditerranéennes naissent sur les plages de la Méditerranée orientale (Lybie, Turquie, Chypre), et grandissent dans le bassin oriental de la Méditerranée. Lorsqu'elles ont atteint une taille minimale de 30cm et ont la capacité physique de plonger sous les courants, en profondeur, elles parviennent à franchir le canal de Sicile pour accéder à notre zone marine, la mer Ligure.
45% des tortues présentes en Méditerranée sont nées sur les côtes de Floride, ont traversé l'Atlantique pour franchir le détroit de Gibraltar. Mais celles-ci doivent faire au moins 50 cm pour avoir la force de passer le Détroit.
Enfin, d'autres tortues sont originaires des côtes cap verdiennes (Afrique de l'Ouest), et un dernier petit pourcentage concerne les pontes en Sardaigne (Italie) et en Corse.
Les tortues que l'on rencontre sur nos côtes appartiennent donc à des sous-populations diverses.

Focus sur la campagne aérienne

Cette année, la dimension nouvelle de la campagne ObsTortueMed était sans nul doute la mise en place d'une prospection aérienne réalisée sur les côtes varoises, grâce à 3 ULM basés à Fréjus et à Cuers.

ULM PipistrelULM Pipistrel

Les pilotes, tous bénévoles, étaient le maillon indispensable à la concrétisation de ce formidable outil d'étude. Les scientifiques constatent que les campagnes aériennes ont révolutionné les données sur les tortues marines.

 

En effet, les campagnes aériennes effectuées par le passé (française, italienne et espagnole) ont permis de recenser des  centaines d'animaux sur une année. L'avion permet de parcourir de grandes distances rapidement, et permet donc de couvrir  une plus grande zone d'observation et d'optimiser les résultats.


Les transects linéaires de prospection                                                           Les transects linéaires de prospection


A notre échelle et pour une première année expérimentale, nous avons pu définir notre protocole d'observation et sillonné la côte varoise, à 5 miles de la terre, entre Toulon et Fréjus, en effectuant des lignes de passage (aussi appelées transects) de 10 miles nautiques.

Au cours de 27 heures d'observation et de 2700km parcourus, 12 tortues marines ont été relevées, ainsi que plus de 60 observations secondaires d'autres espèces, comprenant rorqual commun, cachalot, requin peau bleue, anges de mer, dauphins bleu et blanc.

Les observations de tortues marines en 2014 Les observations de tortues marines en 2014

Tout ça pour...quoi?

Quand on rassemble les résultats de la campagne aérienne et ceux des observateurs en mer, on obtient cette année 73 observations de présence de tortues marines dont 2 animaux décédés.

Présence de plastique dans la bouche Présence de plastique dans la bouche

Plus on peut intervenir rapidement sur un cadavre, et plus on a de chances d'obtenir des résultats lors de l'autopsie. Il est donc essentiel d'alerter les personnes compétentes quand on croise ce type d'échouage. Cet été, l'autopsie de la tortue la moins abîmée n'a pu déterminer de façon certaine la cause de sa mort, mais un grand nombre de micro-déchets de plastiques étaient présents dans son estomac et ses intestins, ainsi que dans sa bouche.
Les autopsies mettent en évidence l'impact de la pollution plastique sur  les animaux marins comme les tortues.


Tous ces résultats ont été transmis au RTMMF, qui est la structure qui fait autorité dans notre pays pour la conservation des tortues marines. Grâce à ce travail de fourmis réalisé sur le terrain, le Réseau compile les résultats de tous les volontaires observateurs sur la façade méditerranéenne. Il établit un rapport annuel qui est une aide à la décision des instances de l'Etat ou des organismes internationaux qui vont statuer sur les espèces menacées. Si une population animale se fait de plus en plus rare dans une zone, son statut de protection (ou statut de conservation) pourra être renforcé.

En bref, c'est aussi grâce au travail de chaque bénévole observateur ou contributeur de nos actions de conservation que les réglementations évoluent afin de protéger les espèces selon les régions du monde.
Cet investissement a donc une grande valeur et l'on ne remerciera jamais assez tous les gens qui, cette année encore, ont donné de leur temps et de leur énergie pour participer à ObsTortueMed.

On précise qu'il ne s'agit pas du recensement exhaustif d'une population donnée (pour cela, il faudrait être sûr de compter chaque individu), mais les spécialistes peuvent apprécier le nombre d'observations en les comparant sur plusieurs années dans une même région : des tendances se dégagent au fil du temps. Dans une situation idéale, des équipes scientifiques mandatées par les instances de conservation devraient effectuer ce travail, mais les moyens manquent souvent cruellement pour ce type de mission. C'est pourquoi le relais assuré par les associations, fondations ou toute autre structure caritative ou privée est non seulement utile mais indispensable pour faire avancer les connaissances, du moment que ces travaux sont mis en commun pour l'intérêt général.

Et après?

Voilier Oïkos en mission d'observationVoilier Oïkos en mission d'observation

L'équipe de la Fondation Marineland a décidé de ne pas relâcher ses efforts, et enchaîne donc avec une campagne d'observation hivernale, grâce à un partenariat réitéré avec le navigateur Stéphane Narvaez et son voilier Oïkos. Stéphane embarque des observateurs à bord de son bateau 2 week-ends par mois afin d'observer les tortues marines. De réels efforts de prospection sont à fournir en plein hiver car peu de navigants sont sur l'eau en plein hiver pour faire remonter des observations. L'équipe de la Fondation va donc expérimenter la prospection en hiver, afin de déterminer si les tortues fréquentent toujours la mer Ligure en saison froide.

Avec cette campagne d'hiver, le travail d'information et de sensibilisation en amont, la campagne aérienne, et la coordination de la campagne marine estivale de science participative, la Fondation a, cette année, déployé des actions complémentaires qui permettront d'obtenir des résultats de plus en plus significatifs pour les années à venir.
Et encore un grand merci à tous les contributeurs...

 


Les échouages de tortues marines en 2015

 

 

2015 est une année particulière en termes d’échouages signalés sur nos côtes.
Sur les départements du Var et des Alpes-Maritimes, 6 échouages de tortues marines ont été signalées à la Fondation Marineland, alors que les années précédentes n’étaient marquées que par une ou deux alertes.
Est-ce que les animaux échoués sont plus nombreux, ou est-ce que les gens sont plus sensibilisés à réagir quand ils rencontrent une dépouille de tortue, la question reste posée.

Autre singularité : tous les appels ont eu lieu entre le 2 Juin et le 9 Juillet, donc sur une période estivale très courte.

Les tortues échouées en quelques chiffres :

- 4 d’entre elles ont été trouvées sur les côtes des Alpes-Maritimes : Eze, Lérins, Cannes et Golfe Juan. Les 2 autres dans le Var : Ste Maxime et Port Cros.
- Toutes les tortues étaient des tortues Caouanne, Caretta caretta, l’espèce la plus commune dans notre région.
- Il s’agissait d’animaux pesant entre 34 et 46kg, à l’exception d’une petite de 7.5kg.

Que se passe-t-il quand on signale le corps d’une tortue échouée ?

Dès réception d’un appel (06 16 86 26 86), la Fondation met en place la logistique suivante: avec la participation de la SNSM (Société Nationale des Sauveteurs en Mer), ou des Pompiers (brigade animalière), l’animal est rapatrié au laboratoire départemental vétérinaire de Sophia Antipolis.

Le laboratoire met une salle d’autopsie à disposition, et un agent départemental participe à l’intervention et à la rédaction du rapport d’autopsie.
Pour chaque échouage, une fiche est remplie pour récapituler les circonstances de l’observation, l’identité de l’observateur, et les premières descriptions physiques de l’animal. Un rapport sur le contenu digestif de l’animal est aussi rédigé.
Ces différents rapports sont ensuite transmis au RTMMF (Réseau des Tortues Marines de Méditerranée Française) qui collecte au niveau national les données sur les échouages de tortues marines.

Pourquoi une autopsie ?

Pratiquer une autopsie dans les meilleurs délais est très important pour obtenir des informations les plus précises possibles sur la cause de la mort de l’animal.
Les contenus du système digestif sont prélevés: pesés, mesurés, dénombrés et classifiés, ils permettent d’identifier la présence éventuelle de déchets et leur impact sur l’animal .
Ces résultats collectés enrichissent la base de données des programmes de surveillance mis en place et coordonnées par les AMP (Aires Marines Protégées).

Que nous disent les contenus de l’estomac et des intestins d’une tortue ?

Ces autopsies permettent également de contribuer à une étude européenne sur les contenus digestifs des tortues marines. En effet, la tortue marine est aujourd’hui reconnue comme un indicateur de son milieu à 2 titres :
- Elle est un indicateur de la diversité biologique du milieu.
- Elle est un indicateur de l’état écologique du milieu : elle donne une indication sur le niveau de pollution du milieu marin en fonction de ce qu’elle a ingéré.
D’autres prélèvements cutanés et osseux vont permettre d’enrichir une étude sur la génétique des populations (d’où est originaire cette tortue ?).

Qu’a-t-on trouvé sur ces 6 tortues échouées ?

Toutes les tortues analysées avaient ingéré des déchets plastiques de différentes tailles. La plus petite des tortues est vraisemblablement morte d’une occlusion intestinale due à cette ingestion de plastique.

Parmi les déchets récoltés, on a identifié une pièce d’engrenage, un emballage de biscuit, des bouchons de bouteille, des filtres à cigarettes, de la laine, du fil de pêche, des gobelets en plastique et de l’aluminium. Les échantillons de nourriture regroupaient des morceaux d’oursins, de corail, de nacre, de crabe, de coquillage, de crustacé, de cnidaire et de posidonie.

On a aussi remarqué que la majorité des éléments ingérés étaient de couleur blanche (59% des cas). Pour les autres animaux, les causes de la mort sont variables : la plus grosse a été victime d’une
collision avec une hélice de bateau, celle de 34kg présentait des symptômes infectieux importants. Pour les autres, l’état du corps ne permettait pas de déterminer la cause de la mort.

Présence d’un « locataire » sur une tortue :

Sur la tortue retrouvée à Golfe Juan, on a découvert un couple de crabes: le crabe de Christophe Colomb ou encore appelé crabe de la mer des Sargasses. Il vit en océan atlantique et en Méditerranée sur les supports flottants qu’il rencontre en pleine mer (coques de navire, troncs d’arbre, algues), mais il trouve aussi refuge sur les tortues marines, en particulier sur Caretta caretta. Il loge à la base de la queue de la tortue et se nourrit des restes de nourriture et des déjections de l’animal qui lui assure ainsi « le gîte et le couvert ».

Un grand merci

A tous ceux qui, encore cette saison, ont collaboré activement à la préservation des tortues marines en signalant un animal ou en participant à l’intervention :
Caporal Emmanuel Rocq (Pompiers)
Madame Chantal Bedout-Rombi et la SNSM
Monsieur Beauverger Bruno (Brigade Nautique des Issambres)
Thomas Abiven , et le Parc Naturel de Port Cros
Pierre Emmanuel de Golfe Juan
Le labo départemental vétérinaire
Les pêcheurs
La SNSM
Les pompiers (Brigade animalière du 06)
La brigade nautique


Vous souhaitez agir

Vous avez croisé une tortue et vous souhaitez nous communiquer son signalement.

Grâce à votre collaboration, vous participez au recensement des tortues marines de Méditerranée afin de compléter les connaissances scientifiques.

Fiche d’information à diffuser

Vous avez rencontré une tortue en difficulté en mer ou échouée sur une plage.

Grâce à votre appel, la tortue, si elle est vivante, sera sans doute sauvée par nos équipes de spécialistes. Si elle est morte, son autopsie permettra d’identifier la cause de sa mort et de compléter les données scientifiques.

Contactez-nous au 06 16 86 26 86 ou par email :

Reconnaissance des tortues marines de Méditerranée

Voici un tutoriel pour identifier correctement les espèces que l'on peut croiser en mer.

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la tortue marine en Méditerranée

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